Essayez de demander à un manager de vous parler d’intelligence artificielle ou de DeepLearning. La réponse sera : « désolé, je ne peux pas vous aider. » Pourquoi ? Parce qu’il n’y a que de rares entreprises françaises qui ont pris conscience du gap qui se creuse dans la révolution (encore souterraine) de l’Intelligence Artificielle, la plupart ne font que survoler le sujet.

Un article rédigé par Monsieur MONERA Dominique, fondateur de l’IA Académie.

Utiliser l’Intelligence Artificielle ou la subir.

Des livres à grands tirages et autres études ont prévu l’arrivée prochaine d’une fracture sociale et économique qui va séparer les usagers en deux catégories, selon leur capacité à utiliser l’Intelligence Artificielle ou à la subir.

On parle beaucoup d’IA, mais où est-elle dans le quotidien des Français ? Les chatbots se montrent décevants à l’usage, l’arrivée de la voiture autonome s’éloigne, les robots domestiques se bornent encore à l’aspirateur et les enceintes connectées sont encore rares et leur portée limitée. Nos smartphones et les réseaux sociaux utilisent l’intelligence artificielle, mais qui le sait et où, à part SIRI et ses homologues qui sont utilisés à la marge. Ce fossé entre la médiatisation de l’IA et la faible perception au quotidien qu’en ont les usagers ne va pas les amener à se former sur la question. D’ailleurs, selon PWC, seuls 20% des dirigeants ont l’intention de mettre en place un projet IA au sein de leur entreprise cette année.

L’omniprésence des GAFAM ?

Pendant ce temps-là, l’écart abyssal entre le niveau de connaissance de l’IA des entreprises traditionnelles et celui des GAFAM ne cesse de se creuser.

En 2019, les quatre plus grandes capitalisations boursières sont Microsoft, Apple, Facebook et Amazon. On assiste à la disparition des entreprises traditionnelles et à la concentration de l’IA au sommet de l’indice S&P500, ainsi qu’à une absence de diversification. Mais pour un temps seulement, car les GAFAM comptent bien se diversifier et pénétrer, grâce à l’IA, la plupart des secteurs d’activité.

Elles ont déjà commencé. Citons l’exemple des magasins sans caisse d’AmazonGo déjà en place aux Etats Unis, ou celui de l’Industrie Automobile avec la GoogleCar qui roule en Californie. Plus le temps passe et plus le « savoir-faire » et le « savoir-faire-faire » en IA seront concentrés dans un petit nombre de grandes entreprises. L’IA fonctionne ainsi à deux vitesses. D’un côté, la météorite GAFAM et les start-up qui vont très vite ; de l’autre, ceux qui prennent leur temps. Bien sûr, à toutes règles, des exceptions qui font preuve d’agilité en investissant dans d’importants programmes d’acculturation de leur encadrement. A juste titre !

Il est temps que l’IA ne soit plus seulement l’affaire des techniciens.

Les communautés vouées à influencer la progression de l’IA, la vitesse d’implémentation de chacune de ses applications et ses répercussions sociétales, seront les entreprises.  Or, l’IA est faussement accessible pour les décideurs. Elle est bien présente dans les médias, sur le web, dans la presse, mais difficile à comprendre et plus encore à appliquer de façon éthique et responsable.

Les dirigeants du public, ou du privé, ont abandonné les bancs de l’école depuis une vingtaine d’années en moyenne, à une époque où on parlait d’Internet, du numérique, du digital, mais pas d’IA. Ni les universités, ni les écoles de commerce ou d’ingénieurs n’ont pu à l’époque délivrer le savoir indispensable qui permet d’affronter le prochain tsunami technologique. Leur position dans l’entreprise va mécaniquement amener ces décideurs à diriger des équipes techniques ou à participer à de grands projets IA dont ils attendent beaucoup. Les dirigeants ne peuvent plus se contenter de concentrer les compétences en IA sur des équipes réduites, essentiellement techniques et isolées du reste de leurs salariés.

La connaissance de ces technologies nouvelles à une large échelle est un prérequis indispensable si l’on veut construire une IA efficace et bienveillante.

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